Protection

LES RISQUES ENCOURUS PAR LES LANCEURS D’ALERTE

ETAT DES LIEUX DES LEGISLATIONS EN AFRIQUE

La quasi-totalité des pays africains, sauf l’Érythrée, ont adhéré à la Convention des Nations Unies contre la corruption, qui recommande la protection des lanceurs d’alerte contre les représailles.
Toutefois, seuls une douzaine de pays sur 54 disposent de lois spécifiques en la matière, tandis que d’autres s’appuient sur des dispositifs juridiques indirects ou n’ont encore aucune législation dédiée.
Ainsi, le continent se répartit entre trois catégories : des pays sans cadre légal de protection, des pays offrant une protection indirecte via d’autres lois, et une minorité ayant adopté des lois spécifiques pour protéger les lanceurs d’alerte.

NÉCESSITÉ D’AVOIR UNE LOI SPÉCIFIQUE DE PROTECTION

Bénin : en 2026, les lanceurs d’alerte restent sans protection juridique spécifique

La loi n°2011 20 du 12 octobre 2011 relative à la lutte contre la corruption, la fraude et les infractions connexes comportait :
• des dispositions spécifiques (31 à 36) visant la protection des personnes signalant des faits de corruption,
• certaines garanties contre les représailles,
• un décret d’application pris en 2013 encadrant la protection des dénonciateurs et témoins.

Ces mesures constituaient une avancée notable dans le contexte de l’époque. Toutefois, il est important de préciser qu’elles ne formaient pas un cadre juridique spécifique dédié aux lanceurs d’alerte au sens strict. En effet, un lanceur d’alerte ne se limite pas à un simple informateur ou témoin : il s’inscrit dans une démarche de divulgation d’informations d’intérêt public, souvent dans un cadre professionnel, avec des risques accrus de représailles. La loi de 2011 a été abrogée en 2020 dans le cadre de la réforme du dispositif anticorruption, rendant également caduc le décret de 2013.

Conclusion
Le Bénin ne dispose pas, à ce jour, d’un cadre juridique autonome, spécifique et complet consacré à la protection des lanceurs d’alerte. Cette question reste en construction et appelle des efforts de plaidoyer soutenus pour l’adoption d’une législation dédiée, garantissant une protection effective, cohérente et structurée.

Que prévoit actuellement le droit béninois ?

Un cadre fragmenté et insuffisant
Actuellement :
• le Code pénal,
• la loi créant le Haut-Commissariat à la Prévention de la Corruption (HCPC),
• certaines dispositions sectorielles (blanchiment, finances, numérique)

Ce cadre ne prévoient pas :

• un statut clair du lanceur d’alerte,
• des mesures complètes contre les représailles professionnelles, judiciaires ou sociales,
• des canaux sécurisés et indépendants de signalement.

Plusieurs analyses (société civile, médias, experts) concluent que le Bénin n’est pas conforme à ses engagements internationaux sur ce point.

Une loi spécifique ne suffit pas, il convient de créer un environnement propice au lancement d’alerte avec une série de lois clés :


Existence d’une loi de lutte contre la corruption et autres infractions assimilées.
Existence d’une loi sur la liberté d’expression.
Existence d’une loi sur la liberté de la presse.
Existence d’une loi sur l’accès à l’information publique.